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Le cousin ou tipule

Le cousin ou tipule est un diptère qui ressemble à un gros moustique. Mais contrairement à celui-ci, le cousin ne pique pas. Cet insecte inoffensif pour l’Homme est aussi appelé tipule. On parle parfois de “mouches-faucheux” car leurs longues pattes les font ressembler aux faucheuses, ces araignées que l’on rencontre communément dans nos maisons. Les anglophones lui donnent le nom élégant de “mouche-grue” en comparant le cousin à ces grands oiseaux également pourvus de longues pattes. Les deux espèces de cousins les plus fréquentes dans nos jardins sont Tipula paludosa et Tipula oleracea. S’ils sont sans danger pour l’Homme leurs larves peuvent causer des dégâts sur les prairies, les pelouses et les jeunes semis. Il appartient ainsi aux jardiniers et aux agriculteurs de leur accoler le qualificatif d’insectes nuisibles ou pas.

Le cousin ou tipule est un insecte bien connu de nos jardins. On le désigne souvent comme un membre de la famille des moustiques. D’une taille respectable pour des insectes la tipule peut parfois inquiéter les promeneurs. Mais il n’en ai rien. Cet insecte est un inoffensif habitant des prairies.

Deux cousins - nommés aussi tipules - qui s'accouplent

Cousins (Tipula oleracea) en accouplement. Source Pixabay.

Comme les moustiques le cousin est un diptère. Mais il a été classé dans une famille distincte, la famille des Tipulidées.

Chaque année, une génération de cousins adultes fait son apparition à la fin de l’été. Et ces insectes adultes (ou imagos) persistent parfois jusqu’en novembre. Dans le midi de la France, favorisé par ses conditions climatiques, il est possible d’observer deux générations d’adultes. L’une au printemps et l’autre à l’automne.

Si les larves vivent plusieurs mois dans le sol, les cousins adultes vivent peu de temps. En général, l’espérance de vie des imagos – c’est-à-dire les insectes ailés – est de deux semaines à un mois. Ils vont donc, après leur métamorphose et leur sortie de terre, rechercher rapidement un partenaire et s’accoupler. Ils sont capables de s’accoupler plusieurs fois contrairement aux moustiques qui s’accouplent une seule fois dans leur vie. On rencontre parfois les mâles et les femelles cousins “collés” par l’extrémité de leur abdomen et posés sur une feuille. Ils sont aussi capables de s’envoler dans cette étrange posture.

Combien d’espèces de cousins existe t-il ?

On connaît plus de 4200 espèces de cousins et chaque année de nouvelles sont découvertes par les biologistes. On découvre encore de nos jours des espèces en Europe, région dont la faune est pourtant étudiée intensément.

Si leur diversité est plus importante dans les régions tropicales, on rencontre des espèces de cousin jusqu’au dessus du cercle arctique. Bien entendu de nombreuses espèces se retrouvent en France métropolitaine. Deux sont particulièrement communes sur l’hexagone : Tipula paludosa et Tipula oleracea.

Quelques espèces remarquables

La plus grande espèce présente en Europe est Tipula maxima. Elle a une aire de répartition très vaste puisqu’on la retrouve depuis le Portugal jusqu’en Russie. Et elle peut atteindre de l’extrémité d’une patte à une autre dix centimètres !

Le cousin Tipula gimmerthali

Les ailes des femelles du cousin Tipula gimmerthali sont trop petites pour permettre le vol. Les mâles sont toutefois aptes à se déplacer dans les airs.

Certaines espèces sont remarquables par leurs apparences. C’est le cas de Ctenophora ornata qui de part sa coloration ressemble à une guêpe. Son thorax et ses pattes sont roux foncé, son abdomen est jaune et noir. Il s’agit probablement d’une livrée qui permet d’inquiéter de potentiels prédateurs. Mais la présence d’une paire d’ailes atrophiées (les balanciers) permet de le ranger du côté des diptères.

Les balanciers sont impliqués dans le maintien d’un vol stabilisé et permettent aux insectes qui en sont pourvus des manoeuvres complexes. On retrouve cette paire de balanciers chez les mouches, les taons et les moustiques. Par contre les guêpes et autres hyménoptères portent deux paires d’ailes fonctionnelles et pas de balanciers.

Mais encore une fois le cousin orné – comme tous les autres cousins – est totalement inoffensive envers l’Homme et les autres animaux.

Cousin orné

Le cousin orné ou Ctenophora ornata présente une livrée semblable à celle d’une guêpe. Le mâle porte des antennes “plumeuses” qui lui permettent de repérer à distance les femelles. Crédit JM Liotier (source Wikipedia).

Ces “gros moustiques” peuvent-ils piquer l’être humain ?

Les tipules ne présentent aucun danger pour l’Homme et les autres animaux. Ils ne sont pas équipés d’une trompe (qui sont les mandibules modifiées) perforante comme chez les moustiques. Il n’y a donc aucun risque d’être infecté par la salive contaminée par les agents pathogènes de la dengue, du virus Zika, du chikungunya, du paludisme ou d’autres maladies infectieuses dont les moustiques sont de potentiels vecteurs. Et là encore pas de risque de piqûres suivies par des boutons et des démangeaisons.

Seuls les pépiniéristes peuvent légitimement s’en méfier car les larves de tipule sont capables de faire des dégâts dans leurs semis.

Les larves de cousin s’attaquent aux plantes

Les larves du cousin – nommées des agriculteurs vers gris – peuvent causer quelques dégâts sur les prairies et les semis surtout en hiver et au printemps. Contrairement aux larves du moustique, les larves du tipule ne vivent pas dans les eaux stagnantes et autres milieux aquatiques, mais dans les couches superficielles du sol. Elles s’y nourrissent de matières végétales en décomposition lorsqu’elles sont jeunes puis à un stade plus avancé des racines des graminées et autres petites plantes. On dit que de ces larves qu’elles sont rhizophages.

Sur les prairies humides et sur les surfaces engazonnées les dégâts se présentent par des plaques de plantes desséchées. Dans les potagers des dégâts apparaissent aussi mais sont généralement moins importants. Sauf lorsque les larves s’attaquent à de jeunes plants.

Larve de cousin ou tipule

La larve du cousin (Tipula spp.) se nourrit de matière organique en décomposition et des racines des plantes herbacées. Elle peu faire des dégâts sur les pelouses, prairies et semis. Source Flick.

Les larves de tipules vivent dans le sol à faible profondeur mais peuvent remonter à la surface et se déplacer sur le sol durant la nuit. Elles apprécient et bénéficieront d’un substrat humide. Les oeufs ont besoin d’une forte humidité pour éclore et les jeunes larves pour se développer. Ainsi les gazons arrosés constamment durant l’année sont particulièrement favorables à la prolifération des cousins au stade larvaire.

Faut-il lutter contre les cousins ?

Toutefois, dans des conditions normales les larves du cousin ne sont pas une menace pour les cultures et autres plantations. Elles jouent même un rôle écologique important dans la dégradation de la matière organique et du maintient de la fertilité. En creusant des galeries, les larves de tipule contribuent à une bonne aération du sol.

De nombreux animaux s’en nourrissent et notamment des oiseaux et des batraciens. Cette prédation contribue à équilibrer les populations de ces insectes et à limiter les dégâts sur la végétation. Adopter un jardinage plus proche de la nature et laisser travailler les prédateurs permet de s’affranchir des insecticides, des produits chimiques et de l’usage d’un répulsif en spray.

Cousin géant ou Tipula maxima

Le cousin géant (Tipula maxima) est la plus grande espèce de tipule que l’on rencontre en Europe. Source wikimedia.

Pour en savoir davantage sur les cousins

Wikipedia présente un article sur les tipules.

Terre vivante décrit davantage les problèmes posés par les tipules aux maraîchers et aux jardiniers. Des solutions pour lutter contre les larves sont avancées avec ou sans insecticide.

Le site insectes-net.fr approfondie davantage la biologie des cousins.

Les passionnés d’insectes et de nature trouveront sur cet autre site beaucoup de belles photos des nombreuses espèces de tipules que l’on retrouve en France.

Pour tout connaître les moustiques de France

Toutes les espèces d’insectes ne sont pas aussi inoffensives que les cousins. C’est le cas notamment des moustiques des genres Aedes, Culex et Anopheles. Il faut donc savoir les reconnaître, suffisamment connaître leur biologie ainsi que leurs comportements de parasites pour s’en protéger.

Si vous souhaitez en apprendre davantage sur les moustiques les plus fréquents en France (moustique commun, moustique tigre,…) et les espèces proches consultez notre page présentant ces insectes de l’ordre des diptères.